La dormance


Durée : Minutes
Support : DCP / Fichier numérique h.264 (.mov, .mp4, etc.)
Caméra RED Dragon 4K
Format : 16/9
France 2018
Langue : Français
Sous-titre possible : Anglais
CNC :

Synopsis
Au début du cycle de la dormance, moment où la vigne va devoir vivre sur ses réserves, Mélanie se fait renvoyer de l’exploitation vinicole qui l’emploi. Dépendante et vivant dans sa voiture elle entre en errance.

Aurélie GARAULT

Cette bretonne a fait ses premiers pas sur les planches et a obtenu une licence de cinéma. Plus tard, elle participe à plusieurs stages et suit notamment la formation de l’Atelier International de Théâtre – Blanche Salant ainsi que son Actors Training à Paris. En 2017, elle tient les rôles principaux de plusieurs films courts dont « Tout ce que j’ai » qui remporte le concours « En route pour Cannes ».

ENTRETIEN
D’où vient Mélanie ? Comment s’est-elle construite dans votre imaginaire ?

Pour moi Mélanie vient d’une famille assez modeste. La relation avec ses parents n’a sûrement pas été facie, mais elle a essayé de grandir et de s’accomplir seule jusqu’au moment où elle a rencontré Stéphane. De leur rencontre est né Hugo et c’est ce cocon familial qui est devenu sa « raison de vivre » et dans lequel elle a puisé sa force. Jusqu’au jour où tout a basculé. Un accident dans lequel elle perd son mari et c’est le début de la spirale infernale.
Il n’y avait pas ou peu d’information sur le passé « essentiel » de Mélanie, son enfance et tout ce qui s’est passé avant l’accident. Je l’ai donc imaginée en fonction des éléments, même paraissant insignifiants, transmis dans le scénario. Comment elle pense, vit, mange, aime, danse, rit? D’ailleurs, rit-elle? Danse t-elle?
Puis avec ces éléments je suis partie de moi en me disant « et si c’était à moi que cela arrivait ». Et enfin, j’ai cherché plus de matière, je me suis renseignée sur les femmes dans cette situation-là, quel est leur quotidien, de quoi elles vivent. C’est souvent une vie au jour le jour: où se garer pour dormir à peu près tranquillement, dans quel supermarché pouvoir aller, éventuellement voler, où pouvoir prendre une douche chaude, combien de jours avant d’avoir le droit d’appeler son enfant…
Je construis pierre par pierre, couche par couche… Un véritable travail d’artisan!

La dormance est le portrait d’une femme perdue qui aimait profondément la vie et sa famille auparavant. Vous vous emparez d’un thème courant au cinéma, la détresse et la solitude, comment l’avez-vous abordé ?

Cette histoire de femme perdue m’a tout de suite touchée et c’est en effet un thème assez récurrent dans le cinéma actuel. Ce trouble peut être dû à la perte d’un emploi, une maladie, une catastrophe naturelle… Quel impact un tel événement peut avoir sur nos vies?
Mélanie affronte cela comme elle peut, seule. Elle est tiraillée entre l’envie de retrouver sa vie d’avant et la dure réalité de ce qu’elle vit. C’est une personne douce et sensible qui, par la force des choses, est devenue une sorte d’animal, une proie pour laquelle tout l’environnement extérieur devient un prédateur: son patron, les clients du bar, la caissière, la famille d’accueil de son fils… Elle se bat contre les autres mais aussi avec elle même; elle est coincée entre sa nature profonde et les événements qu’elle doit affronter.
Pour moi la force d’une personne se remarque dans sa capacité de rebond et sa détermination à se remettre debout. Mélanie a cette volonté au départ, mais jusqu’à quel point? On la rencontre à un moment crucial, celui où elle commence à vaciller.
Le vrai travail pour moi a été d’essayer de trouver ce juste équilibre entre tenir et lâcher, y croire et abandonner.

Le cinéma est-il pour vous une manière d’explorer le processus intérieur d’une personne qui est toujours en devenir ?

Le cinéma est un prisme qui permet d’évoquer la « Vie » à travers un regard, que ce soit celui du réalisateur ou du comédien. Il permet de mettre en exergue un moment de vie choisi.
Les gens aiment le cinéma entre autres parce qu’ils vont voir des acteurs en « action » mais surtout en « réaction » face à des événements et des situations auxquels ils ne seront, peut-être, jamais confrontés. Cela étant le comédien non plus n’y a, peut-être, jamais été confronté « en vrai », mais tout son art, c’est de le faire croire! Et c’est cette exploration de l’intime qui est excitante.
Le personnage part d’un point A pour arriver à un point B. Quel est son objectif, son but? Que met-il en œuvre, ou pas, pour l’atteindre? Et comment se passe le trajet? Quels sont ses obstacles?
Certains personnages peuvent être marquants, ils vous laissent une empreinte, quelque chose d’ineffable. Et parfois, ô surprise, ce sont eux qui vous inspirent, vous encouragent… Vous vous dites «Mais qu’est-ce qu’il aurait fait à ma place? ». Parce que finalement, le comédien est, lui aussi, toujours en devenir !

Vincent MALAISÉ
Réalisateur

Il crée en 2014 l’association de production angevine Court&49 et en assure la présidence depuis. Court&49 accompagne plusieurs réalisateurs en assurant le développement et la production de plusieurs courts métrages dont Le Boa de Jérôme et Stéphanie Lebeau, Zetematium actuellement en post production d’une jeune réalisatrice Yulia Nikiforova et Clown de Johan Neveu. Des partenariats avec un autre collectif et une école de musique voient le jour. C&49 participe également à l’éducation à l’image en organisant plusieurs rencontres au profit de ses membres et du public avec des techniciens ou réalisateurs reconnus. Réalisateur et scénariste du film MADELEINE en 2016 (nominé au prix de la meilleur fiction à REUIL MALMAISON). Il continue à développer ses propres scénarios et projets. La dormance est son second film.

ENTRETIEN
Dans quel contexte est né le film ?

Je travaillais sur le scénario d’un autre projet. Un soir, dans mon salon, j’ai vu un documentaire diffuser sur une grande chaîne publique qui traitait des travailleurs pauvre, l’un d’eux vivait dans sa voiture. Tout à coup, j’ai été envahi par des images d’une tout autre histoire. J’ai essayé de les chasser de mon esprit, et de me concentrer sur le scénario que j’écrivais. Mais il n’y avait rien à faire : les images s’étaient enracinées en moi. Elles ne me lâchaient pas : même dans la rue et dans mon travail au quotidien, ce début d’intrigue qui venait d’ailleurs me poursuivait. J’ai fini par accepter l’idée que je me sentais de plus en plus proche de cette histoire. Donc, je suis retourné a autre chose, et je me suis mis à travailler sur ce scénario, qui allait devenir celui de LA DORMANCE.

L’intrigue s’inspire-t-elle d’un fait divers ?

Pas du tout. Ce qui peut donner cette impression, c’est une certaine «dimension de crédibilité» présente dans le film. C’est parce que j’ai souhaité l’ancré un maximum dans la réalité pendant la phase d’écriture, que le film est très proche de faits qui peuvent sembler actuels.
Dans quelles conditions avez-vous tourné le film ?
Nous avons travaillé en 4K, avec une seule caméra une RED Dragon. J’ai fait le choix d’optiques Zeiss qui ont plus d’une bonne vingtaine d’années, une grosses boite proposant 8 objectifs à l’ouverture différente. Je souhaitais avoir un retour à l’écran plus ciné, une image plus douce, moins brillante, très «old school». Les prises de vues ont été plus nombreuses que sur mon précédent film, MADELEINE. LA DORMANCE a été entièrement tourné en décors naturels.

Qu’est-ce qu’est LA DORMANCE ?

La dormance est un cycle, un cycle de vie végétatif dans lequel se plonge, à l’automne, la vigne qui va devoir vivre sur ses réserves pendant l’hiver. J’ai choisis ce titre car je voulais le mettre en parallèle avec l’état psychologique que traverse le personnage à ce moment-là dans son cycle de vie ; une période sombre.

Quel message vouliez-vous faire passer à travers ce film ?

Je ne suis pas du genre à vouloir intellectualiser le propos. Le cinéma dans lequel le réalisateur impose sa vision des personnages est aujourd’hui déjà vu. Plutôt que de faire passer un message, dans une moindre mesure mon intention est de susciter peut être quelques interrogations. Il me semble qu’à l’heure actuelle, nous avons d’avantage besoin de questions que de réponses. C’est au spectateur de trouver des réponses. Peu importe si sa perception est totalement opposée à la mienne. La scène d’ouverture sur la petite place pose précisément les premières interrogations du film. Par exemple, celle de savoir si une femme vivant seule dans sa voiture à encore un avenir. Cette problématique induit un questionnement et non une réponse.
Dans quelle mesure LA DORMANCE pourrait est-elle être une histoire universelle ?
Habituellement, les problématiques et les conflits que rencontrent les personnages d’un film résident davantage dans les rapports qu’ils entretiennent entre eux plutôt que dans leur conflit intime. Dans la mesure ou cette histoire n’est pas forcement nourrie et détaillée de ces rapports humains, je ne pense pas qu’elle soit spécifiquement universelle. Disons plutôt accessible au plus grand nombre par la façon qu’aura chacun de s’approprier le personnage de Mélanie.

SOUTIEN
MÉCÈNE et LOIRE

Une Fondation d’entreprise est une initiative privée pour l’intérêt général, « à caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel ou concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique, à la défense de l’environnement naturel ou à la diffusion de la culture, de la langue et des connaissances scientifiques françaises.… ».
Au cœur du Grand Ouest, le Maine-et-Loire occupe un emplacement géographique stratégique entre Paris et la façade Atlantique. Son développement économique participe activement au dynamisme qui anime les trois régions du Grand ouest (Bretagne, Pays de la Loire et Basse-Normandie).
Consciente de ces richesses, la fondation d’entreprise Mécène et Loire a pour objectif de soutenir, par tous moyens matériels, humains, techniques ou financiers, les actions d’intérêt général, innovantes et porteuses d’image pour et sur le territoire du Maine-et-Loire, dans les domaines de la culture, de la solidarité, du sport, du patrimoine, de la science et de l’environnement. Elle intervient en complément des politiques engagées par les diverses parties publiques ou privées impliquées dans les projets identifiés par la Fondation.
Créée à l’initiative de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Maine-et-Loire, elle est la première fondation d’entreprise française constituée de plusieurs membres fondateurs et œuvrant au soutien de plusieurs porteurs de projets dans des catégories différentes. Le Comité de ses fondateurs réunit 28 représentants des entreprises membres fondateurs, 3 représentants des salariés des membres fondateurs et des personnalités qualifiées mettant au service de la Fondation leur expertise.

Le film en cours de post production, cette phase finale de construction devrait se terminer d’ici le milieu de l’année 2018.

Pour finir, voici le teaser du film :

Une réaction au sujet de « La dormance »

  1. Ping Avant première de La Dormance au 400 coups – l’actualité cinématographique en Anjou (et au delà)

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